Lorsque l’une des deux sœurs qui ne sont plus en contact depuis longtemps a un accident, l’autre la rejoint à Paris pour l’aider le temps de sa réhabilitation. Les retrouvailles sont tendues, Clara et Axelle ayant des tempéraments bien différents. Clara (Flipette), mesurée et réfléchie, est une artiste en quête de sens. L’actualité l’angoisse et elle préfère ne pas trop se renseigner sur le monde, les guerres, les crises écologiques, etc. Axelle (Vénère), au contraire, est une militante engagée qui déborde de colère devant les injustices sociales. En chaise roulante depuis son accident, elle fait découvrir son monde à Clara qui va devoir la remplacer au sein des associations dans lesquelles Axelle est engagée. Clara se retrouve confrontée à ce qu’elle essayait jusque-là d’ignorer : réfugiés, adolescents placés, …
Ce roman graphique nous présente la friction entre deux extrêmes. Les deux sœurs ne se comprennent pas, ayant chacune leur propre façon de faire face à une société dysfonctionnelle. Au fil des disputes et des dialogues, on recherche la meilleure manière de faire face au monde d’aujourd’hui : faire l’autruche pour protéger sa propre santé mentale comme Clara, ou s’investir corps et âme pour tenter d’améliorer, même un tout petit peu, les choses comme Axelle ? Flipette et Vénère nous fait nous remettre en question quant à notre rapport au monde qui nous entoure et à nos (non-)actions. Être constamment en colère contre les injustices, c’est éreintant, mais est-ce une raison pour s’enfermer dans notre petite bulle de confort ?
Violaine