| 978-2-26615570-0 | Nom et prénom du prescripteur : Mimi |
| A REMPLIR PAR LE PRESCRIPTEUR Nom et prénom : Robert Crais |
| Réservé aux données bibliographiques. Le dernier détective, de Robert Crais, traduit par Hubert Tézenas, Belfond, 2004. The Last Detective, 2003. P-3 CRA 0919 D | R/ Enlèvement d’enfant sous la garde d’un détective fautif, pourtant auto-proclamé meilleur détective du monde. Mercenaires dangereux impliqués. Pistes très minces. Partenaire blessé, ancien des forces spéciales et dur à cuire, présent au bon moment. Mère très inquiète, mais toujours amoureuse du détective. Père cocu et furieux. Humour, émotions fortes et suspens. A prendre en une dose, sans modération. Possibilité d’étendre le traitement aux autres tomes de la série. |
| Cachet du prescripteur | Date et signature du prescripteur : 1er Juillet 2025 Mimi |
| Date de fin pour l'exécution : jamais. |
| PRESCRIPTION DE MEDICAMENTS D' APPLICATION A PARTIR DU 1er juillet 2025 |
Ce thriller musclé, sombre et dense vous invite à suivre le quotidien tout sauf paisible de Titus Crown, ex-agent du FBI devenu le premier shérif noir de Charon County. Dans ce comté rural de Virginie où le racisme est quasiment héréditaire, la couleur de peau de ce représentant de la loi ne fait pas vraiment l'unanimité, ni chez les blancs, forcément, mais pas non plus au sein de sa propre communauté, où beaucoup le considèrent comme un traître.
Le jour où un professeur de géographie adulé de tous se fait abattre par un élève noir, fils d’un ancien ami de Titus, au lycée Jefferson Davis et que le meurtrier est ensuite descendu par les collègues blancs de Titus, celui-ci se retrouve subitement avec les deux communautés sur le dos et à la tête d'une enquête particulièrement explosive…
Le personnage tourmenté du shérif, d'une droiture à toute épreuve, est attachant, le biotope de ces villes du Sud avec une bible dans une main, un flingue dans l'autre et des opioïdes dans les poches est décrit de façon magistrale et l'intrigue policière est captivante.
Si vous avez envie de découvrir l’atmosphère moite du sud des États-Unis, ses suprémacistes blancs, son histoire douloureuse et ses prêcheurs pas toujours en odeur de sainteté, alors n’hésitez pas à vous plonger dans le sang des innocents.
Mimi
L’héroïne de ce roman n’aime pas son fils.
Malgré tous ses efforts et malgré tout le bien-être qu’elle lui souhaite, elle n’y arrive pas. Elle aimerait autant sa vie sans lui. L’avoir deux week-ends par mois frôle déjà l’overdose.
Il faut bien l’admettre, Sabine échoue à être mère. C’est un constat, pas une fierté. Elle le sent, et c’est tabou. Tour à tour jugée ou prise en pitié, son histoire ne peut être racontée, et encore moins partagée.
Pourquoi alors, se prendre d’affection pour le fils d’une collègue ? Quel est ce sentiment nouveau d’amour inconditionnel ?
Sabine rencontre une part d’elle-même dont elle ne connaissait pas l’existence.
Vous la trouvez horrible ? Elle se sent monstrueuse.
J’ai adoré l’écriture et le choix assumé du sujet par l’autrice ! Et vous ? Quel est votre part d’ombre ?
Anne-So
On n’ira pas par quatre chemins : le thème risque de choquer.
Sabine n’aime pas Téo, son fils de 6 ans. Elle aurait aimé, elle a essayé sincèrement. Mais ce lien « sacré » qu’on dit instinctif entre une mère et son enfant n’a jamais existé entre eux.
Sabine ne lui veut aucun mal. Au contraire, elle lui souhaite d’être heureux. Mais il lui est tout simplement… indifférent. Et c’est réciproque : depuis la séparation de ses parents, Téo passe deux week-ends par mois chez elle, et refuse catégoriquement de manger en sa présence. Les faits sont là et Sabine en a assez de faire semblant.
Elle ne veut plus qu’on lui cherche des excuses :
Non, ce n’est pas un baby blues non diagnostiqué.
Non, ce n’est pas passager.
Non, elle n’a pas « besoin d’aide ».
Ce qu’elle souhaite, c’est qu’on accepte sa réalité telle qu’elle est.
Mais notre société n’est pas prête à entendre l’inavouable, surtout de la part de celle qui a donné la vie. Sacrilège ultime : comment Sabine peut-elle ressentir un amour maternel pour un enfant qui n’est pas le sien ? Car Sabine n’est pas dépourvue de sentiments.
La rencontre avec cet enfant va bouleverser ses certitudes… et le reste de sa vie.
Ce roman à la thématique dérangeante ose aborder un sujet tabou rare en littérature et dans le monde dans lequel nous vivons : celui du désamour maternel.
Lore
Lorsque l’une des deux sœurs qui ne sont plus en contact depuis longtemps a un accident, l’autre la rejoint à Paris pour l’aider le temps de sa réhabilitation. Les retrouvailles sont tendues, Clara et Axelle ayant des tempéraments bien différents. Clara (Flipette), mesurée et réfléchie, est une artiste en quête de sens. L’actualité l’angoisse et elle préfère ne pas trop se renseigner sur le monde, les guerres, les crises écologiques, etc. Axelle (Vénère), au contraire, est une militante engagée qui déborde de colère devant les injustices sociales. En chaise roulante depuis son accident, elle fait découvrir son monde à Clara qui va devoir la remplacer au sein des associations dans lesquelles Axelle est engagée. Clara se retrouve confrontée à ce qu’elle essayait jusque-là d’ignorer : réfugiés, adolescents placés, …
Ce roman graphique nous présente la friction entre deux extrêmes. Les deux sœurs ne se comprennent pas, ayant chacune leur propre façon de faire face à une société dysfonctionnelle. Au fil des disputes et des dialogues, on recherche la meilleure manière de faire face au monde d’aujourd’hui : faire l’autruche pour protéger sa propre santé mentale comme Clara, ou s’investir corps et âme pour tenter d’améliorer, même un tout petit peu, les choses comme Axelle ? Flipette et Vénère nous fait nous remettre en question quant à notre rapport au monde qui nous entoure et à nos (non-)actions. Être constamment en colère contre les injustices, c’est éreintant, mais est-ce une raison pour s’enfermer dans notre petite bulle de confort ?
Violaine
Parfois guérir n’est pas une possibilité, voilà alors quand démarre la recherche pour « se rétablir ». Lisa Mandel recueille ici plusieurs témoignages de personnes atteintes de maladies mentales, comme entendre des voix, être bipolaire, tdah… ainsi que chacun de leur parcours, chacun unique, à la recherche d’une façon d’aller mieux, même si « se rétablir, c’est vivre avec ».
C’est tellement intéressant d’en apprendre davantage sur ces personnes, qui auraient, il n’y a pas si longtemps, juste été étiquetés « fou » ou « folle » et abandonnés dans un asile, mais qui aujourd’hui, grâce aux bonnes rencontres et aux bons spécialistes, peuvent vivre plus sereinement et être plus épanouis.
Tout est raconté avec beaucoup de clarté, de pédagogie, une touche d’humour comme il faut, et permet d’avoir un nouveau regard face à l’altérité. À découvrir !
Clémence
Dans un hameau reculé au cœur d’une montagne allemande, Jakobsleiter, une communauté anabaptiste vit loin des modes de notre vie contemporaine.
Depuis dix ans, Smilla, stagiaire au journal du village le plus proche, recherche une explication à la disparition brutale de sa meilleure amie dans cette même montagne.
Et brusquement, Rebekka, jeune fille de Jakobsleiter, disparaît elle aussi. S’ensuit alors une enquête effrénée pour comprendre l’origine de ses disparitions et les mystères liés au hameau.
Roman polyphonique, Les enfants loups nous mène de point de vue en point de vue pour nous approcher doucement et implacablement de l’effroyable vérité. Entre le thriller et le roman social, ce livre est absolument impossible à lâcher !
Céline
« J’ai écrit et volé deux heures à mon quotidien et à mon ménage
Des heures à l’usine
Des textes et des heures
Comme autant de baisers volés
Comme autant de bonheur
Et tous ces textes que je n’ai pas écrits »
Par amour, le narrateur quitte son job d’éducateur en région parisienne et suit sa femme en Bretagne. Pas de job dans son domaine dans la région, et commence alors la grande valse des missions intérimaires en usine.
Conserverie de poisson, égouttage de tofu, abattoir, les lieux changent mais la répétition des gestes perdure. De formation littéraire, le narrateur ne cesse de faire des liens avec les écrits d’auteurices aimé·e·s, et ponctue son texte de références et des chansons populaires qui égaient les journées.
« Quelle poésie trouver dans la machine la cadence
Et l’abrutissement répétitif »
Un texte écrit pourtant comme un long poème, magnifique et percutant, qui raconte le corps fourbu, les pensées qui flottent au rythme des gestes mécaniques, le sommeil qu’on ne trouve plus le week-end.
« J’écris comme je travaille
A la chaîne
A la ligne »
Ce récit est un indispensable manifeste intime et politique, qui nous plonge dans le quotidien précaire des ouvriers intérimaires.
Céline
Dans ce volume des quatre tomes de l’autobiographie de Maya Angelou, nous la retrouvons à San Francisco, jeune mère célibataire qui se démène pour gagner sa vie en tant que femme noire dans une Amérique emprunte de racisme et de ségrégation.
Entre ses envies de réussite, sa quête d’amour et l’exigence que confère un enfant à élever, elle tente tant bien que mal de faire sa place dans le milieu du spectacle. Au fil des rencontres et des expériences, elle sera amenée à effectuer une tournée mondiale avec la troupe du spectacle « Porgy & Bess ».
Elle revient avec tendresse et humour sur ses années et la jeune femme qu’elle a été, sans jamais faire de concession pourtant sur son engagement politique. Un récit de vie aérien et profond, qui nous plonge avec délice dans le monde du jazz !
Et si vous ne l’avez pas encore lu, je vous conseille aussi Je sais pourquoi chante l’oiseau en cage, dans lequel Maya Angelou nous partage le récit de son enfance.
Céline
Lolita est actrice. Elle est enceinte. Le lendemain matin de la dernière de son spectacle, un matin comme un autre, elle perd subitement les eaux. Le diagnostic tombe : rupture prématurée des membranes. S’enclenche alors la course à la vie à la mort, mais l’inéluctable arrive douze jours après la naissance du petit Kolia, il meurt.
Ce livre est un cri de douleur, une lettre à son enfant pour le faire vivre plus longtemps, une manière d’accepter l’inacceptable.
Malgré un sujet douloureux, ce récit n’est pas larmoyant. Il est bien écrit, sensible, bouleversant et lumineux.
Katia
Milan, 12 ans, vit à Versailles avec un père français et une mère rwandaise, exilée en France depuis les années 70 qui tait ses origines. « Le passée de ma mère est une porte close », dit Milan. Lors du génocide de 1994, il voit arriver dans sa vie le Rwanda par l’intermédiaire de la télévision. Peu de temps après arrive, dans la famille, Claude, un rescapé. Les deux garçons deviennent grands amis, mais le jeune Rwandais quitte subitement la maison pour retourner dans son pays. Quelques années plus tard Milan le retrouvera au Rwanda. Il se trouvera plongé, sans le vouloir, dans l'histoire du pays. Il lui faudra des années et de nombreux autres voyages et séjours pour le découvrir et en percer les silences.
Dans ce roman, Gaël Faye parle de mémoire, de travail de deuil de toute une nation, d’une patiente et nécessaire réconciliation entre les Tusti et les Hutus.
Huit ans après Petit pays, Gaël Faye nous livre un récit précis, touchant, pudique et important avec un désir d’avenir et de vie !
Katia
Au cœur des années 70, Francis Gleeson et Brian Stanhope, jeunes recrues de la police New-Yorkaise, s’installent dans la banlieue de Gillam, dans l’espoir d’offrir une vie confortable à leurs familles en devenir.
Si Lena, l’épouse de Francis, souhaite immédiatement se lier d’amitié avec Anne, celle de Brian, cette dernière refroidit vite toute velléité de sympathiser. Au fil des ans, trois filles naissent chez les Gleeson, tandis que Peter est l’unique enfant des Stanhope. Une relation d’amitié profonde va se nouer entre Peter et Kate, la benjamine des sœurs Gleeson. L’année de leurs 14 ans, une tragédie se produit et les deux adolescents sont brutalement séparés…
L’autrice nous emmène dans une saga familiale de facture assez classique, en nous promenant d’un point de vue à l’autre des protagonistes, avec beaucoup de sensibilité. Les parcours chaotiques de nos héros nous permettent de nous attacher à chacun d’entre eux, de par le doute et les erreurs inhérentes à chaque vie humaine. J’ai beaucoup aimé la façon dont le tabou de maladie psychiatrique, très fort en cette fin de XXème siècle et avec des conséquences dramatiques, était abordé au fil des pages.
Un joli roman tout en délicatesse et empathie !
Céline
Dans sa cellule de prison, Ansel Packer attend son transfert avant d’être exécuté. Il pense à sa théorie, celle qu’il souhaite par-dessus tout transmettre avant de disparaitre, sa certitude que d’autres univers existent, parallèles à celui-ci, d’autres univers dans lesquels il aurait pu faire d’autres choix, devenir une meilleure personne.
Tandis que l’on suit le décompte jusqu’au moment fatidique, l’autrice nous emmène dans le passé, et dans la vie des victimes du meurtrier. Par une construction subtile de son récit, elle parvient à nous amener à saisir des bribes de compréhension de la fabrique de ce monstre, mais aussi et surtout à nous faire revivre l’existence des femmes tuées, leurs espoirs, leurs échecs et leurs doutes, et à nous les faire aimer.
Avec ce thriller déroutant, l’autrice questionne le monde juridique, la fascination pour les criminels et dénonce le manque de prise en charge dans les violences faites aux femmes. Addictif, humaniste et brillant, je n’ai pas pu le lâcher avant la dernière page !
Céline
