Quinze ans après l’effondrement, on retrouve avec délectation Eva et Nell, les héroïnes de Dans la forêt. Mais c’est leur fils, Burl, qui nous raconte leur vie en symbiose avec la nature dans une langue qui lui est propre. La traduction de Josette Chicheportiche est d’ailleurs très réussie pour rendre l’inventivité linguistique et la vision de ce personnage qui n’a jamais connu le monde d’Avant…

Un roman qui touche et fait réfléchir à la fragilité et la dureté du monde mais aussi à sa beauté…

Juan et son fils Gaspar fuient l'Argentine par la route pour rejoindre la frontière nord brésilienne. La mère de Gaspar a disparu quelques semaines auparavant dans des circonstances étranges et floues. Comme son père, Gaspar a hérité d’un terrible don : il est destiné à devenir médium pour le compte de l’Ordre, une mystérieuse société secrète qui entre en contact avec les Ténèbres pour percer les mystères de la vie éternelle. Mais Juan est bien décidé à soustraire son fils de l'emprise de l'Ordre…

Mariana Enriquez mélange Histoire et fantastique dans un réalisme magique maîtrisé à la perfection. On voyage, dans ce récit à plusieurs voix, de l’Argentine des années 1980 au Londres psychédélique des années 1970. Magie noire et dictature se rejoignent par la violence et l’horreur. Notre part de nuit est une lecture sombre et envoutante d’une grande puissance.

Violaine

Leo vit avec son petit ami Simon depuis dix ans. Lié par une enfance troublée, le couple vit parfaitement heureux. Jusqu'à ce que tout change : Simon rentre chez eux au milieu de la nuit et Leo ne le reconnaît plus, ni dans ses gestes, ni dans ses mots. Lentement, l'existence méticuleusement construite de Leo s'effondre, jusqu'à mettre sa vie en danger...

Un roman que vous ne saurez pas lâcher une fois commencé. Simon sombre peu à peu dans la folie sous les yeux impuissants de la narratrice, mais comment savoir à quel moment il faut intervenir ? Je ne suis pas là ne manque pas de rebondissements et tient un suspense haletant jusqu’à la dernière page, sans tomber dans l’excès.

Violaine

Avec son premier roman « Ces enfants-là » Virginie Jortay nous replonge dans la Belgique des années 70.  A cette époque-là, dans certains milieux intellectuels il était d’usage de ne pas considérer les enfants comme des individus à part entière mais comme des sujets sans personnalité. 

C’est précisément ce que vivra notre protagoniste entre une mère intrusive qui ne respecte pas son intimité et un père séducteur véritable bout en train en société et qui ferme les yeux sur cette relation toxique. Dès son plus jeune  âge, elle se retrouvera livrée à elle-même. Mais comment grandir dans un tel climat ? Le réveil une fois adulte ne sera-t-il pas trop brutale ?

Lore

Troisième livre de cette autrice que je lis et troisième coup de cœur !

Boussoura, professeur de littérature à Yaoundé, était heureuse : elle avait épousé Seini, médecin, très impliqué dans leur vie familiale.

Un jour tout bascule, cet homme moderne est rattrapé par son passé, héritier d'une famille royale, il est élu «  Lamido », le chef politique et religieux d'un petit territoire, garant des traditions et de l'Islam. Boussoura se retrouve plongée dans le harem d'une chefferie musulmane, avec ses règles, ses castes, ses traditions ancestrales.

Grâce à une plume visuelle, simple et engagée, l'autrice aborde, dans ce livre, des thématiques fortes qui sont chers à son cœur : la polygamie, le mariage forcé, encore très présent au Cameroun et la condition de la femme en général.

Katia

Dans ce volume des quatre tomes de l’autobiographie de Maya Angelou, nous la retrouvons à San Francisco, jeune mère célibataire qui se démène pour gagner sa vie en tant que femme noire dans une Amérique emprunte de racisme et de ségrégation.

Entre ses envies de réussite, sa quête d’amour et l’exigence que confère un enfant à élever, elle tente tant bien que mal de faire sa place dans le milieu du spectacle. Au fil des rencontres et des expériences, elle sera amenée à effectuer une tournée mondiale avec la troupe du spectacle « Porgy & Bess ».

Elle revient avec tendresse et humour sur ses années et la jeune femme qu’elle a été, sans jamais faire de concession pourtant sur son engagement politique. Un récit de vie aérien et profond, qui nous plonge avec délice dans le monde du jazz !

Et si vous ne l’avez pas encore lu, je vous conseille aussi Je sais pourquoi chante l’oiseau en cage, dans lequel Maya Angelou nous partage le récit de son enfance.

Céline

Lolita est actrice. Elle est enceinte. Le lendemain matin de la dernière de son spectacle, un matin comme un autre, elle perd subitement les eaux. Le diagnostic tombe : rupture prématurée des membranes. S’enclenche alors la course à la vie à la mort, mais l’inéluctable arrive douze jours après la naissance du petit Kolia, il meurt.

Ce livre est un cri de douleur, une lettre à son enfant pour le faire vivre plus longtemps, une manière d’accepter l’inacceptable.

Malgré un sujet douloureux, ce récit n’est pas larmoyant. Il est bien écrit, sensible, bouleversant et lumineux.

Katia

Milan, 12 ans, vit à Versailles avec un père français et une mère rwandaise, exilée en France depuis les années 70 qui tait ses origines. « Le passée de ma mère est une porte close », dit Milan. Lors du génocide de 1994, il voit arriver dans sa vie le Rwanda par l’intermédiaire de la télévision. Peu de temps après arrive, dans la famille, Claude, un rescapé. Les deux garçons deviennent grands amis, mais le jeune Rwandais quitte subitement la maison pour retourner dans son pays. Quelques années plus tard Milan le retrouvera au Rwanda. Il se trouvera plongé, sans le vouloir, dans l'histoire du pays. Il lui faudra des années et de nombreux autres voyages et séjours pour le découvrir et en percer les silences.

Dans ce roman, Gaël Faye parle de mémoire, de travail de deuil de toute une nation, d’une patiente et nécessaire réconciliation entre les Tusti et les Hutus.

Huit ans après Petit pays, Gaël Faye nous livre un récit précis, touchant, pudique et important avec un désir d’avenir et de vie !

Katia

Au cœur des années 70, Francis Gleeson et Brian Stanhope, jeunes recrues de la police New-Yorkaise, s’installent dans la banlieue de Gillam, dans l’espoir d’offrir une vie confortable à leurs familles en devenir.

Si Lena, l’épouse de Francis, souhaite immédiatement se lier d’amitié avec Anne, celle de Brian, cette dernière refroidit vite toute velléité de sympathiser. Au fil des ans, trois filles naissent chez les Gleeson, tandis que Peter est l’unique enfant des Stanhope. Une relation d’amitié profonde va se nouer entre Peter et Kate, la benjamine des sœurs Gleeson. L’année de leurs 14 ans, une tragédie se produit et les deux adolescents sont brutalement séparés…

L’autrice nous emmène dans une saga familiale de facture assez classique, en nous promenant d’un point de vue à l’autre des protagonistes, avec beaucoup de sensibilité. Les parcours chaotiques de nos héros nous permettent de nous attacher à chacun d’entre eux, de par le doute et les erreurs inhérentes à chaque vie humaine. J’ai beaucoup aimé la façon dont le tabou de maladie psychiatrique, très fort en cette fin de XXème siècle et avec des conséquences dramatiques, était abordé au fil des pages.  

Un joli roman tout en délicatesse et empathie !

Céline

Dans sa cellule de prison, Ansel Packer attend son transfert avant d’être exécuté. Il pense à sa théorie, celle qu’il souhaite par-dessus tout transmettre avant de disparaitre, sa certitude que d’autres univers existent, parallèles à celui-ci, d’autres univers dans lesquels il aurait pu faire d’autres choix, devenir une meilleure personne.

Tandis que l’on suit le décompte jusqu’au moment fatidique, l’autrice nous emmène dans le passé, et dans la vie des victimes du meurtrier. Par une construction subtile de son récit, elle parvient à nous amener à saisir des bribes de compréhension de la fabrique de ce monstre, mais aussi et surtout à nous faire revivre l’existence des femmes tuées, leurs espoirs, leurs échecs et leurs doutes, et à nous les faire aimer.

Avec ce thriller déroutant, l’autrice questionne le monde juridique, la fascination pour les criminels et dénonce le manque de prise en charge dans les violences faites aux femmes. Addictif, humaniste et brillant, je n’ai pas pu le lâcher avant la dernière page !

Céline  

Le recueil de Hollie McNish "Je souhaite seulement que tu fasses quelque chose de toi" traite avec justesse des sujets importants tels que la maternité, l'éducation; le féminisme, le deuil, les injustices et les relations familiales. La poétesse y interroge notre quotidien et plus particulièrement celui des femmes parfois avec humour, colère ou tendresse. Un livre qui fait réfléchir, des textes bouleversants où différents genres, formes se mêlent et qui ne laissent certainement pas indifférents !

Un album doux et sucré dans un monde où les animaux règnent mais surtout l’amour d’un papy et d’un petit fils. Les dessins sont remplis de détails et c’est vraiment bien rythmé. Le fait que l’on rappelle que tout le monde a eu un grand-père, même le papy de petit ourson, est un détail très beau pour moi ! C’est également un petit jeu de piste quant au lieu où ils vont finir par arriver.

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