« J’ai écrit et volé deux heures à mon quotidien et à mon ménage
Des heures à l’usine
Des textes et des heures
Comme autant de baisers volés
Comme autant de bonheur
Et tous ces textes que je n’ai pas écrits »
Par amour, le narrateur quitte son job d’éducateur en région parisienne et suit sa femme en Bretagne. Pas de job dans son domaine dans la région, et commence alors la grande valse des missions intérimaires en usine.
Conserverie de poisson, égouttage de tofu, abattoir, les lieux changent mais la répétition des gestes perdure. De formation littéraire, le narrateur ne cesse de faire des liens avec les écrits d’auteurices aimé·e·s, et ponctue son texte de références et des chansons populaires qui égaient les journées.
« Quelle poésie trouver dans la machine la cadence
Et l’abrutissement répétitif »
Un texte écrit pourtant comme un long poème, magnifique et percutant, qui raconte le corps fourbu, les pensées qui flottent au rythme des gestes mécaniques, le sommeil qu’on ne trouve plus le week-end.
« J’écris comme je travaille
A la chaîne
A la ligne »
Ce récit est un indispensable manifeste intime et politique, qui nous plonge dans le quotidien précaire des ouvriers intérimaires.
Céline