
Alan Parks,
Mourir en juin (To Die in June)
Rivages (2025).
Mourir en juin est le sixième volet d’une série signée Alan Parks qui devrait en compter douze, un par an représentant un mois de l’année, explorant la criminalité à Glasgow au milieu des années 70.
À la fin du mois de mai, un premier cadavre est découvert. L'inspecteur Harry McCoy identifie la victime comme « Govan Jamie », un sans-abri bien connu qui vivait dans la rue. Familier de cette communauté de marginaux composée d'alcooliques et de miséreux – son propre père en fait partie –, McCoy poursuit son enquête depuis le commissariat de Possil, où il a été temporairement affecté avec son adjoint Wattie dans le cadre d’une restructuration de la police de Glasgow.
C’est là qu’il reçoit la visite d’une femme en détresse affirmant que son fils a disparu. Pourtant, lorsqu’il lui demande une photo de l’enfant, elle avoue ne pas en avoir. Le père, un pasteur à la tête de l’Église des Souffrances du Christ, interdit toute forme de représentation au sein de sa communauté. Mais ce qui intrigue le plus McCoy, c’est que personne ne semble avoir jamais entendu parler de ce garçon.
Harry McCoy épouse tous les codes du genre « inspecteur fatigué », en pleine faillite existentielle, mais qui tente de rester debout dans le chaos. Costumes élimés, bières, whisky et clopes en pagaille, réveils difficiles et amours contrariées, enfance massacrée, famille absente, collègues douteux et meilleurs amis plutôt gangsters que juges. On en connaît des dizaines avec le même profil, et c'est pourtant une rencontre inoubliable tant Alan Parks a su créer un personnage qui nous est instantanément familier.
L’auteur, fidèle à son style, nous offre dans ce sixième opus une écriture brute, directe, qui ne ménage ni ses personnages ni ses lecteurs. Les dialogues incisifs et les descriptions évocatrices renforcent l’immersion dans cet univers sombre, la misère sociale étant partout dans Glasgow. La violence, la souffrance, la drogue et l'alcool inondent les rues. La plume de l’auteur est parfaitement retranscrite par la traduction d’Olivier Deparis, qui préserve toute la rugosité et l’authenticité du texte original.
Valeur sûre et classique.
Mimi

