La beauté des jours de Claudie Gallay – 2017

La beauté des jours / Claudie Gallay

Jeanne travaille à la poste et vit avec son mari, Rémy, depuis de longues années dans leur petite maison du Nord de la France. Ses filles ont vingt ans et quittent peu à peu le nid familial. Elle est très attachée au quotidien, à la répétition des gestes, des faits, des petites choses… Pourtant, Jeanne aime glisser un peu de fantaisie dans sa routine et donner une place au hasard. Elle est ainsi une grande admiratrice de l’artiste serbe Marina Abramović, une performer qui étudie et repousse les frontières du potentiel physique et mental. A travers elle, notre héroïne s’interroge sur ses limites, ses peurs…

L’écriture toute en finesse et délicate de Claudie Gallay sublime le bonheur ordinaire. Un roman qu’on aimerait qui ne se termine jamais !

Mister Wonderful de Daniel Clowes – 2011

Mister Wonderful / Daniel Clowes [comics, one shot]

Marshall, antihéros par excellence, célibataire introspectif et grisonnant, s’apitoie sur son sort et sur celui de l’humanité. Il attend Nathalie dans un bar, avec qui un couple d’amis bienveillants lui ont arrangé un rendez-vous. Nathalie finira par arriver et Marshall achèvera de se torturer afin de ne pas passer à côté de «l’être humain le plus génial ayant jamais existé», la compagne idéale de ses petits-déjeuners dominicaux fantasmés ».

Subtilité et finesse des sentiments humains, simplicité graphique ; une histoire d’amour banale, universelle mais qui nous rappelle que dans « histoire d’amour » il y a le mot/sentiment « amour ».

Fuzz et pluck de Ted Stearn – 2013

Fuzz et pluck de Ted Stearn

Ou les péripéties singulières d’un poulet et d’un ours en peluche.

Cette bande-dessinée met en scène deux anti-héros mal assortis bataillant pour persister dans un monde atrocement risible, voire risiblement atroce. Fuzz, ours en peluche jeté à la poubelle- lâche et opportuniste et Pluck coq déplumé en fuite, suffisant et intrépide. Sans un sou en poche ils prennent la route en chasse de pitance, d’un travail voire, mais surtout et malgré eux, d’une succulente aventure pleine de individus douteux, de rebondissements et de joies.

Le tout au sein d’une Amérique misérable et saugrenue ou la stupidité simple côtoie la malveillance arbitraire ainsi que la déviance sexuelle.

Un petit bijou d’humour noir 🙂

J’ai dévoré ces deux tomes sans m’arrêter de rire ou de sourire ! A lire sans modération !

Poison city de Tetsuya Tsutsui – 2015

Poison city / Tetsuya Tsutsui [Manga, 2 tomes]

Dans un futur très proche, à savoir l’aube des Jeux olympiques de Tokyo en 2020, nous suivons le parcours de Mikio Hibino, un jeune mangaka qui tente de faire publier sa nouvelle série. Le problème est qu’avec l’arrivée des Jeux, un comité de censure met tout en œuvre pour annihiler toute polémique pour lisser l’image du pays, en supprimant les œuvres controversées. Il devient alors la cible des censeurs qui veulent faire de lui un exemple. Malgré le soutien de son éditeur et d’autres auteurs, japonais comme Américains, il va découvrir des choses dramatiques sur les heures les plus sombres de la censure au dépend de sa propre liberté.

Manga sur la thème de la censure. Comment et pourquoi elle s’organise, comment elle transforme un état démocratique en une dictature, comment elle opère pour détruire la liberté d’expression. Un manga qui dénonce les dérives du contrôle médiatique étatique.

Il s’agit d’une œuvre très personnelle pour l’auteur qui a lui-même connu des problèmes (et c’est encore d’actualité) avec son manga « Manhole » qui a été considéré comme œuvre nocive et a été supprimé des librairies d’une région entière sans que lui-même ou son éditeur ne soit au courant. Le combat qu’il mène pour que l’interdiction soit levée est encore d’actualité, donc forcément Poison City a un arrière-goût de croisade! Mais le sujet reste universel et d’actualité !

Une claque en 2 tomes. A lire absolument !!

Les Bourgeois d’Alice Ferney – 2017

Les Bourgeois d’Alice Ferney – 2017

Alice Ferney nous conte, dans ce magnifique roman, l’évolution d’une famille française, bourgeoise, catholique et conservatrice de l’aube du vingtième siècle à nos jours. Cette chronique familiale retrace, avec finesse, les destins des personnages au sein de l’Histoire en marche. Elle va sans cesse du singulier au collectif et jette un regard lucide sur les erreurs politiques mises en lumière par le passage du temps.

Le maillage du roman est constitué par une mosaïque de souvenirs attachants des dix enfants de Henri et Mathilde Bourgeois …une saga qui s’étend sur tout le vingtième siècle. Le style est classique, vivant et ample. La romancière nous entraîne dans la ronde des naissances, des mariages et des morts, nous laissant un arrière-goût de nostalgie devant le caractère éphémère de toute chose.

Le tardigrade de Pierre Barrault

Le tardigrade de Pierre Barrault est un roman déroutant, où il est question de tardigrade, mais surtout de tout autre chose. Mais qu’est-ce qu’un tardigrade, me direz-vous ?

C’est un animal, microscopique créature mesurant environ 1 mm, qui propose au lecteur une visite tel un agent immobilier dans les divers appartements de son immeuble.
On y découvre le monde tel qu’on ne l’a encore jamais vu, c’est à la fois rafraîchissant et déconcertant : les amis que l’on invite sont irrémédiablement aspirés par le vide s’ils ont le malheur de se rendre sur le balcon, les panneaux de signalisation ne sont pas toujours pris au sérieux, les boulangers vendent des branches mortes en assurant que c’est du pain, et en cas de coupure d’eau, il faut pleurer sous la douche pour pouvoir se rincer.

De petits chapitres, de petits paragraphes liés au fait de la taille de la créature ?
Pierre Barrault décoche l’hyperbole, l’hypothèse, l’aphorisme, la tautologie, le non-sens, le paradoxe, les superlatifs, le sens des contraires et ses oxymores pour faire mouche à chaque phrase.

Pour ceux qui aiment Henri Michaux, Boris Vian, Topor.
Une petite réserve, néanmoins : n’espérez pas trop en apprendre sur le tardigrade.

Nous les menteurs de E. Lockhart – 2015

Les ados de notre club de lecture ados sont plutôt durs lorsqu’ils décident de donner des cotes aux livres que nous leurs proposons. En effet, ils peuvent mettre entre 0 et 5 étoiles aux livres qu’ils ont lus… Et la cote maximale sort très rarement! (La cote minimale aussi, cela dit…). Alors, si je vous dit que le roman Nous les menteurs de E. Lockhart a été lu par 5 ados  et que la majorité à donné 5 étoiles aux livres, vous comprendrez qu’il s’agit d’une mini-révolution !

Nous, les menteurs, c’est l’histoire d’une famille, d’une île privée et d’un été.
Chaque année, les Sinclair se retrouvent sur Beechwood, leur île privée, pour passer l’été. Les cousins sont tous de la partie, accompagnés d’un ami. Ils ont tous plus ou moins le même âge : 17 ans. Ils profitent des vacances pour refaire le monde et profiter du lieu. L’année précédente, Cadence, l’une des cousines, n’avait pas pu se rendre sur l’île à cause d’un accident dont elle ne se souvient pas du tout. Heureusement, cet été, elle est de la partie. Entre baignades et discutions, elle pose des questions sur son accident mais elle se rend compte que dans ces cas là soit on lui ment soit on se tait.

Arriverez-vous à deviner la fin avant de terminer le roman ? C’est peu probable ! Ce roman est addictif, plein de suspense et vous gardera en haleine jusqu’à la dernière page.

Patricia de Geneviève Damas – 2017

Belle histoire d’amour entre une jeune femme française, bien installée dans la vie, et un réfugié centre-africain, sans-papier.

Le roman aborde avec intelligence le thème des traversées, des bateaux chavirés et des noyades de migrants.

Geneviève Damas évoque les familles séparées et l’attente insoutenable, douloureuse, coupable, de celui qui est venu « en avance »,  laissant femme et enfants au pays.

Une écriture limpide, simple et sans pathos.

 

DAMAS, Geneviève. Patricia. Éditions Gallimard, collection Blanche.

Poésie du gérondif : vagabondages linguistiques d’un passionné de peuples et de mots de Jean-Pierre Minaudier – 2017

Voici un ouvrage remarquable, dont le sujet est (presque) entièrement repris dans son titre à rallonge. L’auteur y traite de sa passion pour les grammaires des langues les plus diverses, parfois les plus inconnues et les plus curieuses, mais également pour les grammaires en tant que livres de collection. Il nous parle de tout cela avec érudition, mais aussi avec un humour ravageur. Le plus curieux est qu’il n’est pas linguiste, qu’il ne les parle pas ces langues et qu’il ne les étudie pas vraiment non plus, mais il collectionne, il voyage, il rêve.

Monsieur Minaudier est un original, un poète, un vrai, et il le revendique ! Dans son livre, il nous offre un accès à son monde, à ses passions et à sa liberté, et ça fait un bien fou !

Le huitième livre de Vésale de Jordi Llobregat – 2016

Nous sommes à Barcelone, à la veille de l’ouverture de l’exposition universelle de 1888. Daniel Amat retrouve sa ville natale pour y enterrer son père. Il découvre que celui-ci a été assassiné. Alors que la ville est la proie d’un sérial killer, qui tue des jeunes femmes, il se lance dans une enquête qui va nous conduire dans une aventure baroque aux relents de « Da Vinci code ».

Une fois encore la ville de Barcelons est à l’honneur, comme son exposition universelle d’ailleurs ! C’est un plaisir d’y retrouver divers lieux connus à travers une intrigue dense et bien menée.

Premier roman d’un jeune catalan.

Là où l’histoire se termine d’Alessandro Piperno – 2017

L’action se passe à Rome dans le milieu juif. Matteo criblé de dettes décide de fuir l’Italie pour Los Angeles, car il est poursuivi par un créancier prêt à lui faire la peau. Il laisse sa femme et ses enfants derrière lui… Seize années ont passé, son créancier décédé, il décide de rentrer à Rome. Il espère que les siens l’attendront à l’aéroport. Ce ne sera pas le cas.

A partir de là, nous allons suivre les mésaventures cocasses et torturées de cette famille, dont le père voudrait que par un coup de baguette magique que tout soit comme avant. Sa femme, toujours amoureuse, aimerait pour sa part se remettre avec Matteo. Ses enfants voient les choses autrement. Ce roman nous fait un peu penser au cinéma de Woody Allen… C’est bien le roman américain de la rentrée littéraire, écrit par un italien, comme annoncé !

Le déjeuner des barricades de

L’action se situe dans un palace parisien, l’hôtel Meurisse. Chaque année, grâce à la générosité de Florence Gould, riche veuve américaine, on y décerne le prix littéraire Roger Nimier. Le Lauréat de cette année 68 est Patrick Modiano. Mais au dehors, en ce mois de mai, les affrontements font rage. Et bientôt le personnel de l’hôtel décide lui aussi de prendre le pouvoir. Cependant, le déjeuner doit avoir lieu, et le prix être décerné.

Ce roman nous fera croiser Salvador Dali (et ses excentricités), Antoine Blondin, ainsi que d’autres auteurs célèbres. Cela nous permettra de découvrir la vie d’un grand hôtel de l’intérieur, et l’atmosphère d’une époque. On pense alors au roman Lutétia de Pierre Assouline, par plus d’un aspect, et c’est un compliment !

Formation Multimedia

Création de musique assistée par ordinateur + l’édition audionumérique comme outils d’émancipation culturelle

 

15 Journées de création (mars 2018)

Que ce soit en bibliothèque, dans les musées, les centres culturels, dans le monde de l’édition et de la création, la culture est entrée dans l’ère du numérique.

Lire la suite

Atelier d’écriture avec le Coin bleu : COMPLET !

Vous avez envie d’écrire mais vous n’osez pas vous lancer ?
De septembre 2017 à juin 2018, la bibliothèque propose un atelier d’écriture mensuel pour débutants : rythme des mots, rythme des phrases, images, création de personnages et de lieux, évocation de souvenirs,…
Inscrivez-vous vite pour 10 journées complètes et déployez votre imaginaire, votre humour (ou votre sérieux) !

L’atelier mensuel est complet mais n’hésitez pas à demander des informations à propos d’autres ateliers d’écriture ponctuels (autour d’un écrivain, écriture slam, …)

La Passe-Miroir de Christelle Dabos

La Biblio XL vous recommande vivement cette tétralogie, écrite par Christelle Dabos. Celle-ci vous emmènera dans un univers à couper le souffle !

Ophélie, une jeune fille vivant sur l’arche d’Anima, possède deux dons. Tout d’abord, elle est Liseuse, c’est-à-dire, qu’elle peut lire le passé des objets simplement en les touchant. Ensuite, elle peut également traverser les miroirs, ce qui est pratique pour voyager et passer d’un endroit à un autre. Promise en mariage arrangé à Thorn, un homme que tout, ou presque, laisse de glace, notre héroïne se retrouve rapidement projetée au cœur d’intrigues dangereuses. Fraîchement arrivée à la Citacielle, Ophélie devra se faire très discrète sous les traits de Mime, sa couverture … N’en disons pas plus, à vous de traverser les miroirs avec Ophélie pour connaître son destin fabuleux !

Aux premiers abords, on pourrait penser qu’il s’agit d’une saga où règne une histoire de cœur assez typique mais détrompez-vous! Les relations complexes, voire conflictuelles, entretenues par Ophélie et Thorn s’inscrivent dans un récit captivant et addictif. L’auteur créé un monde envoûtant où se côtoient des personnages dotés de pouvoirs surnaturels, ce qui ravira les fans d’Harry Potter ! L’univers d’Ophélie, inspiré de la mythologie, ainsi que les intrigues de cour sont des éléments qui tiennent le lecteur en haleine et rendent la saga « plus adulte ».

On pourrait penser qu’une telle série perdrait de son souffle au fil des tomes. Détrompez-vous ! Impossible de décrocher et de ne pas s’attacher à notre l’héroïne, Ophélie, têtue. Il faut néanmoins accepter l’idée que le premier des trois tomes déjà sortis plante le décor et de ce fait, moins riche en rebondissement. Quant au deuxième tome, celui-ci est passionnant du début jusqu’à la fin et le troisième opus pose un certain nombres de questions dont nous aurons réponse par la suite.

À consommer sans modération, surtout cet été !