Erwann de Mayen et Cozic

Erwann veut faire du skate depuis toujours après avoir admiré son grand frère pendant des années. Malheureusement, la disparition de Jeff dans une avalanche rend le sujet sensible à la maison.
Mais Erwann persévère, même en cachette de sa mère et découvre le skatepark avec ses lois et ses nouveaux amis.

Malgré une entrée en matière assez lourde avec le décès du grand frère, cette histoire reste légère et traite de plusieurs sujets avec délicatesse et simplicité. Deux tomes sont déjà sortis et on attend la suite avec impatience.

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Love Corp de J. Personne et L. Cognet

Lorsque le professeur Léglise invente un bracelet connecté qui vibre lorsque deux âmes sœurs sont à proximité, il ne se doute pas à quel point il va changer l’approche de l’amour. Manu l’étudiant trop timide, Emma la professeure lasse des relations foireuses ou Titi qui refuse qu’on lui dicte sa vie, vont en faire les frais pour trouver une réponse à la question : qu’est-ce que l’amour ? Et si un bracelet révolutionnaire vous permettait d’identifier votre vraie moitié, tenteriez-vous l’aventure ? Il suffit de donner quelques informations et les « bracelets détectent des personnes qui vous sont compatibles à au moins 97% ».

Dystopie du bonheur qui ne laisse aucune place à ceux qui ne suivent pas la norme. Comme Titi par exemple quand en guise de cadeau d’anniversaire ses amis lui offrent ce fameux bracelet. « Ah, parce que je dois finir en couple ? Pourquoi la finalité de nos vies serait forcément d’être en couple !? » Et si finalement, tout ça n’était qu’une énorme farce ? Trouver l’Amour sans peur, sans doute, sans frémissement, sans erreur, est-ce vraiment l’amour ? Quid des sentiments, des émotions, de la réflexion ; payez, un algorithme décidera pour vous à moins qu’un bug ne l’en empêche et ce jour là serez voue encore capable de décider par vous même ?!

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Ecolila : Fable écologique à l’usage de l’amour d’un père pour sa fille de François Olislaeger

C’est l’histoire d’une balade intimiste entre un père et sa fille de 5 ans.  Lui, le père, a été un enfant des champs, élevé au grand air, au milieu de la nature et loin des tracas de la ville. Par contre, Lila, sa fille est une pure citadine, habitant Mexico, l’une des plus grandes mégapoles au monde.  Aussi, pour se retrouver un peu au calme, ils se réfugient dans le parc de Chapultepec.  Tout au long de leur balade, le père va essayer de transmettre son amour de la nature à sa fille et, elle, lui rappeler par ses jeux d’enfants l’importance de la relation présente aux personnes et aux choses qui nous entourent.  Une balade est à la fois intime (dans le relation père/fille), foisonnante (dans l’atmosphère), organique (dans le dessin) et engagée (dans le propos) !

Au-delà de tout militantisme, ce superbe livre éminemment graphique ouvre des portes sur l’évolution de notre société et de notre planète face aux changements que nous avons provoqués. Une sensibilité à fleur de crayon, un cri éco-graphique poussé à l’intention de nos enfants !
Sélection au FIBD d’Angoulême.

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Sabre d’Eric Feres

15.000 ans avant notre ère, durant le Pléistocène, la Terre connaît une période de glaciation. Dans un lieu encore épargné par le froid, un étrange éclair s’abat une nuit au sommet d’une montagne. A l’intérieur d’une grotte naissent au même moment trois tigres à dents de sabre. L’un d’eux, Sabre, est particulièrement différent des autres… Malgré la méfiance du reste de la meute, le nouveau-né va pourtant être de toutes leurs aventures au rythme des saisons changeantes !

Un récit muet de 250 pages !, dans un format à l’italienne, aux dessins et aux couleurs magnifiques. Drôle, poétique, émouvant même avec des pointes d’humour réconfortantes dans ce monde sans pitié. On s’attache à ce petit tigre malingre et maladroit, moche comme un dessin de Sfar, et on se laisse porter par son voyage en espérant à chaque page qu’il survive à la page suivante.
On vogue ici dans la BD très haut de gamme, dans les eaux du fantastique travail de Jens Harder (Alpha… directions, Beta … civilisations) ou des BD muettes de Grégory Panaccionne (Un océan d’amour, âme perdue). Même si le but du livre demeure un peu obscur (métaphore de l’évolution?), le voyage reste dépaysant.

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La Forêt des Renards Pendus de Nicolas Dumontheuil, d’après un roman d’Arto Paasilinna

Rafael Juntunen a réussi un braquage, dont il a tiré quatre lingots d’or, mais qui vit son complice se faire arrêter. Ledit complice, un fou sanguinaire, va bientôt sortir de prison, bien décidé à récupérer sa part du magot, là où Rafael n’a aucunement l’intention de lâcher le grisbi. Il s’enfuit donc, au nord, toujours plus au nord, au fin fond de la Laponie, dans la forêt des renard pendus. Bientôt rejoint, malgré lui, par un major de l’armée complètement alcoolique ayant décidé de prendre une année sabbatique dans un chalet de bûcheron loué pour l’occasion. Ce dernier l’invite à s’installer avec lui. A ce premier couple, vient se greffer une nonagénaire lapone, la plus vieille Lapone skolte au monde ! fuguant avec son chat sous le bras la maison de retraite dans laquelle la bonne société veut la placer. Et, entre ce trio loufoque et maintes péripéties, dans ce huis clos nordique, un flic corruptible, deux prostituées affectueuses, un renard curieux surnommé « 500 balles » et même quelques touristes allemands. Au cœur de cette nature sauvage, ils vont progressivement équiper leur cahute de tout le confort (Sauna, bagnoire, hifi, etc.) grâce à l’or de Rafaël. Tout semble aller pour le mieux dans ce petit paradis lapon mais même dans le grand nord, la civilisation vous retrouve toujours !

Pour les amateurs comme moi de Paasilinna (Le lièvre de Vatanen, Petits suicides entre amis), cette adaptation fidèle du roman éponyme, a gardé toute sa saveur, son humour décalé, son ironie et ses personnages burlesques défiant la morale coutumière. Le tout sur un ton entièrement assumé de joyeuse immoralité, car ici la luxure est délicate, la corruption est badine, le crime désinvolte. Perdus au milieu de nul part, nos héros anti-conventionnels se découvriront un attachement sincère en une amitié inattendue. On s’attache d’autant plus à ses personnages, à l’affection qui naîtra entre eux, qu’ils sont eux même sans attache, décidés pour un temps à se couper du monde extérieur.
L’écueil des adaptations littéraires est bien connu : accoucher d’un album bavard. Même si certains descriptifs, surtout au début de l’histoire, peuvent l’être un peu et paraître redondants avec l’image, dans l’ensemble cela n’est pas gênant. Cela nous permet par ailleurs de conserver le recul nécessaire pour apprécier le burlesque des situations présentées et les dialogues ne sonnent pas faux, bien au contraire. Le rythme de l’album est haletant, N. Dumontheuil ayant su élaguer la matière initiale pour n’en garder qu’une substantifique moelle trépidante.

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BL métamorphose de Kaori Tsurutani

Yuki, une grand-mère découvre les mangas par rien d’autre que le genre BL (Boys love, des romances entre garçons) et elle en devient vite accroc !  Une histoire attachante sur la relation entre cette vieille femme isolée et une jeune ado libraire timide (Urara)  qui va devenir sa conseillère et  lui faire découvrir tout l’univers entourant le manga (Editeurs, conventions, etc.). 

Un récit intergénérationnel qui démontre qu’entre passionné.e.s l’âge importe peu !  A mettre entre toutes les mains … même celles de sa grand-mère!

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Vers la ville de Tom Gauld

« Une nouvelle vie s’offre à vous. Installez-vous en ville ! » : Le prospectus en main, les deux héros de Vers la ville décident de tout abandonner. Quelle direction prendre ? Peu importe : les routes sont faites pour relier les villes, il doit donc y avoir une ville à chaque bout…De cette errance semée de pluie et de petits tracas, Tom Gauld tire le plus tendre des récits initiatiques. Pour pimenter leur quête, aucun bandit ni tornade, juste l’aventure au quotidien ou le quotidien de l’aventure qu’importe.

Tom Gauld est d’abord un prodigieux conteur, et on retrouve avec bonheur l’humour absurde, tout en finesse et en nuances.  Un minimalisme maîtrisé, humain, vulnérable, drôle, romantique.  Simplement bon !

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Mars de Fabcaro et Fabrice Erre

Quand la France, dans le but de reconquérir sa place de nation phare et de retrouver sa grandeur d’antan, essaye d’envoyer une fusée sur Mars équipée d’un moteur de Twingo, la volonté et le chauvinisme y sont mais ce n’est pas gagné pour autant 

Une série de strips hilarants de ce duo d’auteurs habitué à la parodie.  Un humour plus « adulte » que dans « Z comme Don Diego », le propos contemporain (politique, téléréalité), les références actuelles, le ton dans l’époque (très sixties), sans pour autant négliger le bébête qui fonctionne à merveille, et surtout l’absurde délicieux.
Lisez, c’est léger, drôle et sans prétention sinon de vous faire rire !

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A travers de Tom Haugomat

Tom et Noémie ont lu A travers de Tom Haugomat, édité chez Thierry Magnier… Et ils ont beaucoup aimé ! Tom a donc décidé de vous en parler 🙂

Une BD sans texte qui vous laissera sans voix !
C’est la vie d’un gamin qui voulait devenir astronaute … Des couleurs pour remplacer les mots, chaque page est un tableau, elle se déguste comme on mange un mille feuilles.
Ce n’est pas une BD (un roman graphique peut être), son auteur n’est pas un auteur de bd (il vient de l’animation) et pourtant c’est bien plus qu’une bd !
Vous l’aurez deviné, j’ai aimé 🙂

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Les brigades immunitaires

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, ce manga n’est pas axé que sur l’éducatif. Bien sûr, le fonctionnement du corps humain est omniprésent mais l’histoire est rythmée par des combats épiques, à la « One Punch Man » ou autre shonen d’action, entre Globules blancs et virus ou bactéries.

Pour les plus âgés, ce manga vous rappellera la série « Il était une fois la vie ». Les encadrés sont très bien documentés sans pour autant être lourds (les lecteurs impatients peuvent même les passer). À côté de cela, l’ambiance du manga est assez explosive. Les ennemis du corps humain ont vraiment la classe : les pneumocoques ressemblent à des aliens/insectes, le virus grippal a l’apparence d’un zombie et les cellules cancéreuses sont plus qu’inquiétantes. Bref, un manga à découvrir !

Dès 12 ans, série disponible en section jeunesse.

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The Promised Neverland

Emma, Ray et Norman vivent tous les trois à l’orphelinat Grace Field House. Ils y passent des moments heureux avec leurs « frères » et « sœurs » et « Maman » qui s’occupe d’eux et qu’ils aiment profondément. De temps à autre, un orphelin quitte le foyer pour rejoindre une nouvelle famille d’accueil. C’est le cas de Conny, une adorable petite fille de six ans. Au moment de partir, Emma et Norman constate que celle-ci a oublié « Little Bunny », sa peluche lapin dont elle ne se sépare jamais. Exceptionnellement, les deux amis désobéissent à Maman et se dirigent vers le portail interdit où Conny s’apprête à quitter l’enceinte de Grace Field House. Là, Emma et Norman font une terrible découverte et réalisent que leur existence repose sur un monstrueux secret.

Je ne vais pas vous en dévoiler d’avantage, sachez juste que ce premier tome peut être résumé en une phrase : « Méfiez-vous des apparences ! ». Cette série haletante s’inscrit dans un univers glauque et cruel. Le scénario est original et propose des héros intelligents qui ne laissent rien au hasard.  Dès le début du récit, on se sent impliqué et on suit avec attention les plans élaborés par les orphelins, en espérant qu’au final, ça se passe bien pour eux.  Au niveau graphique, on a quelque chose de qualité. Ce n’est pas étonnant si cette série a été citée lors de la 10e édition du Grand Prix du Manga au Japon.

La série se trouve en section ados (mezzanine). Elle s’adresse plutôt à des lecteurs avertis.

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L’atelier des sorciers

Et si pour être un sorcier, il suffisait juste de savoir bien dessiner ?

Voici l’histoire de Coco, une petite fille fascinée par la magie qui croise un jour le chemin du sorcier Kieffrey. Malgré les mises en garde de ce dernier, Coco espionne le magicien et découvre qu’un sort ne se lance pas mais se dessine ! La magie ne serait donc pas réservée uniquement à une poignée de privilégiés, contrairement à ce que les sorciers veulent le laisser croire. Grisée à l’idée de pouvoir pratiquer la magie, Coco s’entraîne à l’aide d’un grimoire qu’un étrange personnage lui avait vendu autrefois. Son excitation retombe très vite lorsque, accidentellement, elle pétrifie sa mère.

Je vous conseille vivement ce manga car il propose un scénario et un univers assez différents de ce qui se fait à l’heure actuelle. Dans cet univers merveilleux, la magie s’inscrit comme étant omniprésente, acceptée de tous mais réservée à quelques privilégiés. En tout cas, c’est ce que la population croit. Coco va vite découvrir, à ses dépens, qu’en plus d’être techniquement accessible à tous (à condition d’être un minimum doué en dessin), la magie peut se révéler aussi dangereuse. Outre cet univers incroyable et un scénario bien ficelé, ce manga propose également un dessin très soigné et loin des stéréotypes que véhiculent parfois certains mangas. Série disponible en section jeunesse.

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Rumiko Takahashi : Grand Prix 2019 à Angoulême

 

Le Festival International de la Bande Dessinée d’Angoulême vient de décerner son Grand prix 2019 à l’auteure japonaise Rumiko Takahashi. Elle est la deuxième mangaka à remporter ce titre. Pour ceux qui ne la connaîtraient pas, Rumiko Takahashi a notamment créé les séries Urusei Yatsura (Lamu), Ranma 1/2 et Maison Ikkoku (Juliette je t’aime). À la Biblio XL, nous avons justement la série Maison Ikkoku. Et si vous la testiez? À partir 13 ans.

Maison Ikkoku / Rumiko Takahashi ; Tonkam, 2007-2009

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Priest de Hyung Min-Woo

Au commencement, ça ressemble à un bd de zombies au farwest mais détrompez vous, c’est bien plus que çà. Du western au Moyen-âge en passant par l’époque sombre de l’inquisition. Et si les voix prophétiques qu’entendent les croyants ne seraient pas celle du tout puissant mais d’une entité diabolique l’imitant pour leur faire rejoindre ses légions. ?! Une œuvre très personnelle et originale, d’une violence psychologique presque physique, dans laquelle Dieu s’est désintéressé de sa création et dont le seul passe-temps est de faire souffrir ses disciples les plus fervents, où le diable est absent et dans laquelle, abandonnés, les hommes finissent par créer leur propre enfer pour se venger de leur créateur et de leurs semblables d’encore croire en une divinité qui ne les écoute plus !

Amours déchus, complots, hérésie ; un récit occulte sur un rythme endiablé ; vous n’aurez pas le temps de souffler ! Ouvrir cet ouvrage, c’est s’engager sans savoir jusqu’où il vous mènera ! Bonne chance

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ReLIFE

Voici une série suggérée par l’une de nos lectrices. Arata, 27 ans, se retrouve dans une situation peu enviable : pas de travail, pas de petite copine et contraint de mentir à ses proches pour sauver les apparences. Cette situation, il la doit à une erreur commise à l’époque où il avait décroché son premier job. Après avoir passé seulement trois mois au sein de son entreprise, Arata a démissionné. Par conséquence, aucun employeur ne souhaite lui donner de seconde chance. Dans une situation précaire, Arata n’a pas d’autre choix que d’accepter de participer à une expérience de réinsertion sociale proposée par une société appelée « ReLIFE ». Pendant une année, tous ses frais seront pris en charge à condition qu’il refasse une année de terminale. Pour se fondre dans la masse des étudiants, Arata devra avaler une pilule qui lui donnera l’apparence de ses 17 ans.

Deux choses m’ont intriguée dans cette série. La première est la rencontre de deux générations différentes. En effet, quand Arata rencontre ses camarades de classe, il constate très rapidement que ses années d’adolescence sont bien différentes de la vie que mènent  les adolescents actuels. De plus, Arata, en presque trentenaire, a des habitudes qui peuvent le trahir et dont il doit se défaire  (fini les pauses cigarettes !). Le deuxième point intéressant de ce manga concerne la vision du monde du travail au Japon. Dès le premier volume, on se rend compte de la dureté de ce milieu. Au fil de la lecture, on remet en question démission précipitée d’Arata. Peut-être était-elle justifiée ?

Série disponible en section ado (mezzanine).