Poésie du gérondif : vagabondages linguistiques d’un passionné de peuples et de mots de Jean-Pierre Minaudier – 2017

Voici un ouvrage remarquable, dont le sujet est (presque) entièrement repris dans son titre à rallonge. L’auteur y traite de sa passion pour les grammaires des langues les plus diverses, parfois les plus inconnues et les plus curieuses, mais également pour les grammaires en tant que livres de collection. Il nous parle de tout cela avec érudition, mais aussi avec un humour ravageur. Le plus curieux est qu’il n’est pas linguiste, qu’il ne les parle pas ces langues et qu’il ne les étudie pas vraiment non plus, mais il collectionne, il voyage, il rêve.

Monsieur Minaudier est un original, un poète, un vrai, et il le revendique ! Dans son livre, il nous offre un accès à son monde, à ses passions et à sa liberté, et ça fait un bien fou !

Le huitième livre de Vésale de Jordi Llobregat – 2016

Nous sommes à Barcelone, à la veille de l’ouverture de l’exposition universelle de 1888. Daniel Amat retrouve sa ville natale pour y enterrer son père. Il découvre que celui-ci a été assassiné. Alors que la ville est la proie d’un sérial killer, qui tue des jeunes femmes, il se lance dans une enquête qui va nous conduire dans une aventure baroque aux relents de « Da Vinci code ».

Une fois encore la ville de Barcelons est à l’honneur, comme son exposition universelle d’ailleurs ! C’est un plaisir d’y retrouver divers lieux connus à travers une intrigue dense et bien menée.

Premier roman d’un jeune catalan.

Là où l’histoire se termine d’Alessandro Piperno – 2017

L’action se passe à Rome dans le milieu juif. Matteo criblé de dettes décide de fuir l’Italie pour Los Angeles, car il est poursuivi par un créancier prêt à lui faire la peau. Il laisse sa femme et ses enfants derrière lui… Seize années ont passé, son créancier décédé, il décide de rentrer à Rome. Il espère que les siens l’attendront à l’aéroport. Ce ne sera pas le cas.

A partir de là, nous allons suivre les mésaventures cocasses et torturées de cette famille, dont le père voudrait que par un coup de baguette magique que tout soit comme avant. Sa femme, toujours amoureuse, aimerait pour sa part se remettre avec Matteo. Ses enfants voient les choses autrement. Ce roman nous fait un peu penser au cinéma de Woody Allen… C’est bien le roman américain de la rentrée littéraire, écrit par un italien, comme annoncé !

Le déjeuner des barricades de

L’action se situe dans un palace parisien, l’hôtel Meurisse. Chaque année, grâce à la générosité de Florence Gould, riche veuve américaine, on y décerne le prix littéraire Roger Nimier. Le Lauréat de cette année 68 est Patrick Modiano. Mais au dehors, en ce mois de mai, les affrontements font rage. Et bientôt le personnel de l’hôtel décide lui aussi de prendre le pouvoir. Cependant, le déjeuner doit avoir lieu, et le prix être décerné.

Ce roman nous fera croiser Salvador Dali (et ses excentricités), Antoine Blondin, ainsi que d’autres auteurs célèbres. Cela nous permettra de découvrir la vie d’un grand hôtel de l’intérieur, et l’atmosphère d’une époque. On pense alors au roman Lutétia de Pierre Assouline, par plus d’un aspect, et c’est un compliment !